Pourquoi prier (5)
- Frédéric Ecoutin
- 21 sept. 2021
- 4 min de lecture
Après être protégé de l’extérieur faut-il aussi être délivré de l’intérieur.
Mais (et) délivre nous du mal / du méchant : car (demander à être) protégé n’est que le premier stade de la « vie en vérité », le mal est toujours là, et le risque de faillir est toujours présent ; ce mal est aussi plus pernicieux car il est à l’intérieur de soi (alors que la protection se fait vis-à-vis de l’extérieur)! Aussi pour être délivré complètement faut-il, par la grâce de Dieu, être dotés des outils nécessaires pour gagner : (1 Corinthiens 9, 24) : … vous courez de manière à l’emporter. C’est cette grâce qui induira les qualités et vertus dont la mise en œuvre purifiera notre esprit.
Si nous ne sommes pas créés d’emblée dans un monde glorieux, ou si la désobéissance fut possible et permise, désobéissance qui nous fit quitter cet état glorieux, le résultat est le même, notre point de départ est éminemment ridicule, et très difficile ; et c’est bien pour grandir en liberté et en conscience en partant d’une situation imparfaite que nous devons être conscients de notre état. Une situation qui voit notre nature entachée, nature donc que nous devons, par la pratique des qualités et vertus que Dieu nous demande - (« les œuvres » : Jacques 2 :17) Il en est ainsi de la foi: si elle n`a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. - nature que nous devons améliorer, réparer si nous perdîmes l’Eden, pour être dignes de son Royaume.
Pour ces deux dernières demandes (être protégé puis délivré) nous pouvons aussi solliciter de la sagesse (Jacques 1:5) 5 Si donc l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande constamment à Dieu, car il donne à tous généreusement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. Et de la force (Philippiens 4:13) 13 Pour toutes choses, j’ai de la force grâce à celui qui me donne de la puissance.
Voilà deux belles demandes dans notre prière : donne nous Sagesse et Force.
Enfin, si notre prière est une demande, quel sera le « bon moment » où nous recevrons ? (Hébreu 4 :16 montre qu’une prière est une demande de secours et que nous serons secourus au bon moment : Approchons-nous donc avec (pleine) assurance du trône de la grâce / vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour / afin d`obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins / et recevoir en temps voulu, la grâce de son secours. Alors : que demander comme secours nous l’avons vu précédemment, mais quel sera ce bon moment, le temps voulu ?) Car enfin, oui, quelquefois nous osons nous impatienter, priant et ne voyant rien venir…
Mais il faut vraiment que notre Être entier soit en accord avec notre prière, mû par cet esprit de compassion, de charité et d’Amour pour le but de notre demande. Ce bon moment sera celui où vous serez en harmonie avec les deux commandements, celui où vous laisserez couler à travers vous cette bonté infinie, celui où vous vous serez efforcé(e) de faire un pas vers Lui, et alors vous, ou la personne que vous Lui aurez « apportée » dans votre prière, recevrez sans aucun doute son secours car, nous l’avons vu, « toute pensée, parole (son) ou action (geste) crée quelque chose, comme une pierre crée des ronds dans l’eau » et ce quelque chose est une énergie, positive ou négative, qui va influencer la « cible » de vos pensées, paroles et actions (et aussi, attention pour leur aspect négatif, renforcer ces mêmes énergies en vous-même !) ; ainsi (Matthieu 9:29) (Alors il leur toucha leurs yeux, en disant:) Qu`il vous soit fait selon votre foi (pensée) et (Matthieu 15:18) Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c`est ce qui souille l`homme (parole) et aussi (Matthieu 18:18) Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel (action).
Bien sûr que toutes les prières ne sont pas suivies d’effet immédiat. D’abord nous avons vu ce que peut être le « bon moment », mais il y a ensuite, ou en complément, ce que Hildegarde de Bingen appelait « le juste jugement de Dieu », ce qui nous est donné d’éprouver en propre, en fonction de l’exercice de notre libre arbitre (nos choix) et de ses conséquences sous la Loi qui régit le monde (rappelez vous les ronds qu’une pierre fait dans l’eau) ;
De plus ce monde est également régi par le chaos, des forces inorganisées : Ecclésiaste (ou Qohélet) 9:11 J`ai encore vu sous le soleil que la course n`est point aux agiles ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux intelligents, ni la faveur aux savants; car tout dépend pour eux du temps et des circonstances. Et 1 Samuel 6:9 Suivez-la du regard: si elle monte par le chemin de sa frontière vers Beth Schémesch, c`est l`Éternel qui nous a fait ce grand mal; sinon, nous saurons que ce n`est pas sa main qui nous a frappés, mais que cela nous est arrivé par hasard. Aussi Luc 13:4 Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu`elle a tuées, croyez-vous qu`elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem?
Et puis il y a les prières accompagnées de mauvaises raisons, celles qui déplaisent à Dieu : (Jacques 4:3) 3 Et quand vous demandez, vous ne recevez pas parce que vous demandez avec de mauvaises intentions, pour satisfaire vos désirs charnels. (Jacques 4:4) Infidèles, ne savez-vous pas qu’être ami du monde, c’est être ennemi de Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se fait ennemi de Dieu. C’est-à-dire tout ce qui est lié à l’attachement excessif de la matière, à l’accumulation irraisonnée (plus que nécessaire) de biens matériels, de consommations superflues, sera évidemment exclu du résultat de « prières » avec ce type d’intentions !
Ainsi : (Luc 12:15) 15 Puis il leur dit : « Ouvrez l’œil : rejetez toute forme d’avidité, parce que, même quand quelqu’un a beaucoup de biens, ce qu’il possède ne lui donne pas la vie. » et (1 Timothée 6 :7) Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et nous ne pouvons rien en emporter non plus.

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